La saison des évaluations annuelles
L’automne et ses premières neiges annonce dans bien des organisations le début de la saison des évaluations annuelles. Oui, oui, je parle bien de la fameuse évaluation de la performance… Celle-là même qui influencera très probablement votre salaire de l’an prochain. Dans cet article publié il y a quelques mois j’ai questionné la base sur laquelle les organisations valorisent leurs employés. À mon avis, les évaluations annuelles risquent aussi de récompenser les joueurs individuels au détriment de ceux qui favorisent la réussite de l’équipe.
Bien que remises en causes depuis plusieurs années par les promoteurs des approches Agiles et Lean, cet article du site InfoQ fait référence à un article publié par le Wall Street Journal qui dénonce les effets pernitieux des évaluations de la performance. On est ici assez loin du monde Agile ou Lean! Pourtant, on dirait bien que le gros bon sens fait son chemin dans le domaine des affaires aussi.
Selon l’auteur, Samuel A. Culbert, les évaluations ne sont basées que sur une seule perspective de la performance: «That’s because the performance review is so one-sided [...]. It isn’t, “How are we going to work together as a team?” It’s, “How are you performing for me?” It’s not our joint performance that’s at issue. It’s the employee’s performance that’s a problem.». En plus de dénoncer les effets négatifs sur les équipes, l’auteur démontre qu’ultimement c’est la profitabilité de l’entreprise qui est affectée par ce type d’évaluations.
Avec une vision Lean, probablement qu’on pourrait voir les évaluations de la performance comme une tentative d’optimiser une activité (le travail de l’employé) au lieu du processus dans son ensemble (la capacité de l’équipe à livrer du logiciel). En empruntant cette voie on risque de se retrouver avec des employés performants, mais qui ne savent pas réellement travailler ensemble.

